Les conséquences de la guerre : Le terrible rappel de l’Inde

12 05 2026
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 Ma chère lectrice, mon cher lecteur,
 
Tandis que j’écris ces ligne, le pétrole repasse au-dessus des 110$ et nous avons l’occasion de lever un bout de voile sur les effets dévastateurs de cette crise. 
 
 
Cours du pétrole
cours du Brent depuis le début de la guerre (BCOUSD)
 
Dimanche, le premier ministre indien, Narendra Modi s’est adressé à sa population pour exorter les Indiens à reduire drastiquement leur consommation de pétrole… Mais également leurs achats d’or.
 
Nous comprenons bien les enjeux énergétiques mais pourquoi donc Monsieur Modi voudrait-il dissuader ses concitoyens d’acheter de l’or ?

 
Le premier ministre a l’amabilité de nous éclairer : Son angoisse n’est pas tant une pénurie d’or noir, ni même d’or, mais de devises et plus particulièrement de dollars.
 
Eh oui, le Dollar a beau se fracasser contre ses propres contradictions ; la dédollarisation a beau accélérer : Il n’en reste pas moins, qu’aujourd’hui encore, ce qui fait paniquer les États — de l’Inde aux Émirats et bien d’autres pays moins médiatique — c’est la pénurie de dollars pour pouvoir continuer à échanger sur les marchés financiers et économiques. 
 
Bien sûr, la recomposition est en cours, mais cela prend du temps, des décenies normalement, encore des années même dans la situation actuelle.

 
Nous avons oublié en France et en Europe, l’impérieuse nécessité d’équilibrer notre balance des paiements…
 
Il faut des dollars pour importer du pétrole et de l’or (l’Inde est le premier marché mondial de l’or de bijouterie avec 90% d’imports).
 
Pour avoir des dollars, il faut une transaction… quelqu’un qui nous achète quelque chose, un bien, un service, qui nous fasse un crédit ou un investissement… Toutes ces choses que nous ne savons plus faire en France, ou si mal. 
 
La fuite des devises a longtemps été un LE déclencheur de crises financières.
 
Cela devrait l’être à l’intérieur même du régime de l’Euro si nous n’ignorions pas superbement les balances T2. Cela aurait dû l’être en 2008 au moment de la chute de Lehman.
 
C’est le risque que court l’Inde aujourd’hui.
 
La première urgence de la Fed à l’automne 2008, lors de leur réunion qui a suivi la banqueroute de Lehman, a été « le bazooka à liquidités » de Bernanke, qui a demandé au Conseil de lui permettre d’arroser l’Europe de dollars, sans limite, les fameuses opérations de swap.
 
Sans cela, le secteur bancaire européen se serait effondré et nos économies avec.
 
Cela a « sauvé » nos banques…. À la place, elles sont devenues zombies et nous nous sommes fait mettre la laisse monétaire ultime.
 
Les États-Unis nous tiennent par nos banques et leur insatiable besoin en dollar.
 
C’est la même laisse que les Émirats sont en train de se passer au cou. Macron n’est sûrement pas un Mozart de la finance, mais à sa décharge, il ne peut pas grand chose au pillage de la France.
 
C’est une pente que nous avons prise en 1983 et que nous n’avons jamais rebroussée depuis.
 
Cynique, il jette un voile de divertissement sur notre infamie et en profite pour gaver ses sponsors et amis. Et tout s’accélère…
 
Ce que nous apprend l’Inde aujourd’hui, c’est que la crise d’Ormuz n’est déjà plus énergétique — le choc pétroler est aquis — elle est désormais monétaire.
 
Cela signifie que non seulement nous allons vers des pénuries mais nous allons au-devant d’une crise contre laquelle nos États, banques et institutions seront démunies faute de devises ; vers une crise dans laquelle les États-Unis n’hésiterons pas une seconde à nous sacrifier à l’autel de leurs intérêts.
 
Il est plus que temps de reprendre notre liberté et notre autonomie à tous les niveaux.
 
Si cela vous intéresse, la grande Conférence mensuelle des Investisseurs a lieu demain soir, mercredi 13 mai.
 
Cette conférence sera consacrée aux courtiers. Guillaume Mayot et moi avons réalisé une étude sur ces intermédiaires financiers qui vous permettent de reprendre votre autonomie financière.
 
Nous ferons aussi un point sur la situation, notamment sur le gaz européen qui l’actif stratégique n°1 à détenir en ce moment.
 
 
À votre bonne fortune,
 
Guy de La Fortelle 
 
 
 
 


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